Servat l’essence bretonne…

30 Mai

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Couleurs un titre, un livre…

Gilles fait partie de ces Bretons qui ont réveillé, par leur art, l’esprit qui dormait dans l’Armorique. Une guitare, des paroles pour retrouver le souffle de la mer et la résonance du granit, une génération soif de se libérer du carcan ecclésiastique qui enveloppait le pays… Le talent a fait le reste.

« Je ne suis qu’un adhérent à une religion ancienne. Ma religion est d’essence … »
Dans son habit noir, la main hésitante sur le manche de la guitare qu’il porte comme une lance de conquête, il chante, conte la Bretagne et lui « le littéraire » à son époque les matheux n’avaient pas encore le pouvoir….il devient chercheur, curieux de notre monde, passager de notre galaxie… « Hiérarchie » Notre univers est certainement plus complexe qu’il n’y paraît , quand l’artiste, « le littéraire » renvoie le matheux à ses études….

 » J’ai écouté une émission scientifique, on a découvert un truc : le génome de la tulipe est plus complexe que celui de l’homme… « .
« Humblement je dis, en tant que fleur, cette fleur est à moi bien supérieure, et jamais, non jamais, je n’égalerai le poisson ni l’épi de blé… »

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Gilles Servat en concert à l’Auberge du Pont à Paluden

Gilles résume bien ce que l’on ressent en mer, à chaque vague une image, une force, un instant de plaisir ou d ‘angoisse…dans un espace éphémère. La Bretagne est bordée d’espaces éphémères… c’est sa force de l’imaginaire, du perpétuel mouvement qui l’enveloppe. Les dauphins qui m’ont accompagné, les oiseaux de mer qui m’ont escorté , l’oiseau qui est venu se reposer dans mon carré, la mer a cette force de nous faire penser qu’une fleur, un poisson ou un épi de blé «nous sont  bien supérieurs »…

« Chérissons les instants qui se meurent aussitôt
Et qu’on ne reverra plus jamais,
Chérissons les instants qui se meurent aussitôt
Et qu’on ne retrouv’ra qu’au cim’tière des photos… »

Merci Gilles de ces instants volés à ma traversée, des instants qui pour moi « ne meurent pas aussitôt » et font partie « de mon essence » que je fais religion ! Et que les dauphins recherche toujours l’Homme et ses bateaux…pour chérir les instants qui ne meurent pas!…
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Les dauphins accompagnent  toute la traversée de Gwinver 2

Les Milles Milles…

29 Mai

Lagos-Aber Wrac’h…si on arrondit…1000 milles, la route se termine dans ma « rivière »…que j’ai quittée le 29 février dernier et que je retrouve le 29 mai… un trimestre avec Gwinver2… Bien des histoires racontées et bien des histoires qu’il reste à raconter !
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Route au Nord..ça tape!

Dernière journée entre Audierne et L’Aber, rapide au début même très rapide avec le courant du Raz de Sein… Puis après le passage du Four, à la pointe du Finistère, vent fort, mer forte avec le courant , vent contre courant, la moyenne a bien dégringolé sur la fin…. Mais en fait je n’étais pas pressé d’aller tourner les amarres pour plusieurs semaines…
Les travaux entrepris à Port la Foret donnent satisfaction, l’enrouleur de solent, les ris automatiques sur la grand voile par Le Bihan voilerie, parfait travail. Le safran allongé par JF André donne un changement notable dans les manœuvres et la barre est plus ferme…reste à finaliser le travail avec la mise en forme de l’appendice.
Au cours de ce trimestre Karma 3, devenu Gwinver 2, n’a pas fondamentalement changé, mais une foule de transformations confirment un changement profond dans son comportement. Restent encore beaucoup de choses à entreprendre.four
du monde sur l’eau…!

Au bilan de cette journée, c’est aussi ma surprise de rencontrer autant de voiliers sur l’eau, malgré des conditions musclées, c’est la première fois depuis mon départ du Portugal. A croire que les voiliers qui naviguent sont sur la côte nord de Bretagne… un véritable nid. Cela fait plaisir de ne pas être seul sur l’eau !

Pour autant « le journal du Patago voyageur » ne se termine pas encore, il me reste bien des rencontres à conter…le temps de chaque chronique m’a un peu manqué.

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Gilles Servat, un artiste
Sur ma route, des derniers jours, un « phare », l’ami Gille Servat, puissant comme le Creac’h, majestueux comme Fréhel, populaire comme Eckmüh, Gilles a le don de passionner des salles, voire des stades de spectateurs, comme les petites auberges qu’il choisit pour des concerts intimistes… j’y reviendrai, moments magiques d’écouter un chanteur, un artiste au sens noble…
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Gwinver 2 à L’Aber Wrac’h …un patago voyageur

Braves lecteurs de ce journal dormez en paix Gwinver 2 est à l’Aber Wrac’h , dans son nouveau nid en pays Léonard où l’on aime bien les noisettes …aussi, il sera heureux dans cette vallée où coule, entre Paluden et la mer, une eau de plaisirs et d’aventures.
….à suivre !

Artistes à tous les étages…

25 Mai

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« Underwater… Graff du bassin de Port Laf »
Journée technique à tous les étages sur Gwinver2, journée avec des artistes. Port Laf, toujours et aujourd’hui pour une sortie hors de l’eau…Dès 9 heures sous la grue pour une petite modification de safran comme convenu avec Jean-François André, l’architecte du Gwinver2. Première surprise une fois à terre en regardant la coque, les antifoulings ne sont plus ce qui étaient ! A peine deux mois après la remise à l’eau et plus de 800 milles parcourus…. la végétation est déjà là…
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Un soudeur de « luxe »
Ras le bitume, soudeur de luxe , l’ami Jean François est à pied d’œuvre, ; « J’aime souder l’alu… » Il est vrai qu’à le voir, il aime entendre crépiter son pistolet. En deux temps trois mouvements Gwinver2 se retrouve avec un appendice au safran allongé de 12 cm, ce devrait être « le jour et la nuit…» confie t-il, sachant que le bateau reste un dériveur et que les manœuvres sont celles de sa famille…« les sans quille » !mariepayo
Le « Payo Pur » un excellent détergent marin
Toujours dans cette journée technique, au niveau de la flottaison, Marie met à l’épreuve le produit de nettoyage de l’ami Payo… magique. L’éponge, et un peu d’huile de coude, suffisent à faire disparaître la verdeur collectée au long de ma route ibérique. Bravo Payo, depuis le temps que je dis que ce produit a un avenir dans le nautisme… Preuve est faite à nouveau.
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Une aquarelle signée « bassin de port Laf »
Sous la flottaison, cette sortie confirme mes observations, à chaque arrêt dans les marinas je vois une foule de poissons sous la coque qui broutent l’aluminium à longueur de journée… à la manière des poissons nettoyeurs. Aujourd’hui  j’ai la confirmation qu’ils nettoient la coque, à moins que j’ai affaire à des artistes. Les traces de leurs grosses lèvres charnues font des tableaux de grande créativité.Je suis peut-être face à une découverte de première ordre, et si les poisson étaient des artistes ? Il faut que je « creuse » le sujet, après l’école de Pont Aven …l’école de Port Laf ? Gauguin réincarné en poisson, ? Il y a encore un bout de chemin à faire, mais l’art et les artistes amphibies m’inspirent !

Port LaF… qui cache la Forêt!

21 Mai

Port-la-Forêt, « Port Laf »  disent les branchés du coin…Un coin bien caché entre Cornouailles et pays Bigouden . Après quelques jours dans la marina à courir un peu partout et prendre un rythme de sommeil de terrien, je comprends que nous sommes, avec Gwinver2, sur une autre planète. Marina immense avec des entrées et sorties de petits pêche- promenades, au milieu de grosses unités et des figaros affûtés pour la régate. Non ce n’est pas la Rochelle, mais il faut dire que je retrouve la société nautique avec tous ses codes.
L’accueil est plutôt sympa , sur le ponton, les vieux « loups » de mer tournent autour du Gwinver2, un Patago….Patagonie ? Non patago le coquillage…bon pas grave c’est un dessin de JF André… d’ailleurs je pense qu’il sera là ces prochains jours. Une certaine admiration tout en pudeur de mes nouveaux amis… Il est vrai qu’il a de la gueule le Gwinver 2, au ponton des grands coursiers.
Port Laf, pour le moment la vallée des fous est un véritable entonnoir à nuages chargés de flotte… On comprend mieux que la capitale de « l’abri du marin » ne soit pas loin d’ici… Pas de chance pour moi mon ciré vient d’un peu plus loin… Mais il est aussi mouillé !mettalu
Gwinver 2 au ponton Mettalu
Grande surprise de retrouver là mon vieux camarade Gilles Pellé, patron de Mettalu, avec tout son staff en train de valider une nouvelle passerelle pour handicapés, super technologie. Cette société des bords de Loire innove en permanence. La dernière fois que j’avais croisé en plein boom Gilles Pellé, c’était au sud de la Corée avec un ponton venu tout droit de ses ateliers. Belle réussite pour ce chef d’entreprise qui a appris la voile aux pieds du fort à Brest dans le huppé club de la royale ! « Bon maintenant il va falloir en vendre !!! » me dit-il. Il est certain que toutes les villes et marinas ne font pas l’effort pour donner l’accès à ceux qui ont des difficultés de mobilité.
Port « Laf » c’est aussi le charmant village au fond de la rivière, ici tout est « cosy » l’affichage, les routes, on sent l’accueil de la haute saison qui arrive. Sur la petite place, on oublie déjà la mer, le centre bourg sent bon la campagne, et là, une découverte agréable, « la Popote » . Après avoir testé les « trois potes » au Portugal, nous voilà à la Popote…cadre de goût, service raffiné, c’est un bon moment qui fait oublier la houle du Golf de Gascogne !
choucroute & pecheur
Choucroute de la mer et marmite du pêcheur
Assiette du pécheur ou choucroute de la mer les deux choix confirment la qualité de l’endroit, une adresse qui va au-delà de la « popote du marin », ici on cuisine !
Port « Laf » cache bien son décor, je pense qu’il me réserve encore bien des surprises.

En regardant bien en fond en face c’est Gwinver 2 sur la Web cam;
http://www.port-la-foret.fr/Web-cam-en-direct-370-0-0-0.html

Les Le Bihan, des Grands.. !

18 Mai

le bihan
Depuis le salon nautique nous avions rendez-vous avec David…vers le 15 mai…en fait ce fut le 16 ! Lui sur son Zod familial en route pour les Glénans et moi dans le chenal de Port-la-Forêt à bord de Gwinver2.Voilà des gens de précision qui ne plaisantent pas avec les horaires. Il est vrai que le métier de gréeur et maître voilier d’aujourd’hui demande une grande technicité, des hommes de précision..
Les milles parcourus depuis le sud Portugal m’ont fait mieux comprendre le Gwinver2 et confirmé mon approche des premiers moments à bord. Ce bateau demande un solent pour faire un bon cap aux allures de près. Le génois d’une surface respectable voire un peu grande, même légèrement roulé, n’aura jamais l’efficacité d’un solent. Aussi un enrouleur lui est maintenant consacré pour plus de rapidité et de confort à envoyer.

Dès potron-minet, David et son équipier Francky étaient à bord pour reprendre le plan de pont, vérifier et tester tout le gréement ; « Oh on a l’impression que c’est installé de la semaine dernière… ! » confie Francky perché en haut des barres de flèches, fier du travail de la « Le Bihan Compagnie » 7 ans plus tôt !
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Volent les drisses, pendant que se croisent les balancines au bout des padayes, les lazy jacks tombent sur le pont, les bosses de ris font une cure d’amaigrissement, pendant que les bastaques sont choquées sur bâbord et bordées sur tribord…le gréement chante, le chariot de grand voile passe d’un bord à l’autre.Et  les coulisseaux? me direz-vous, ils  circulent sur leurs rails…vers la tête de mat!
A plat pont, la suédoise attend dans son sac d’être envoyée en l’air. Reste le tourmentin qui doit se faire faire une nouvelle ralingue sur son étai volant. Moment magnifique où tous ces éléments qui font marcher un voilier sont à la coda du maître voilier et de ses comparses les gréeurs. Oui la famille Le Bihan a tout des Grands …et la symphonie, qu’ils orchestrent sur le pont de Gwinver2, tient de l’art d’un métier magnifique des agitateurs de rêves qui se lisent dans les yeux des badauds agglutinés sur le ponton « …Braves gens, pas de soucis si vous mélangez tous les termes dans vos commentaires » , où drisses, bastaques, balancines, étais, réas, écoutes, lazy-jacks, hale bas…et que tout se termine par la rouge, la verte, la bleue, la jaune, la blanche…un vrai feu d’artifice !
David et Francky sont les artificiers du moment. Les maîtres des rêves en transhumance. Les faiseurs d’aventure en partance pour aller sentir le vent des caps qui ponctuent nos mers, du Finistère au Farewell en passant par le Horn et le Bon Espérance …et ce spectacle se joue dans une vallée baptisée la « Vallée des fous »…allez savoir pourquoi !

Départ de mauvais jour…!

17 Mai

Vendredi 13, pluie, brouillard, vent mauvais, mer mauvaise, visibilité nulle, station fuel en panne…il y a des jours comme ça…Et puis les nouvelles du pays en mettent une couche…A quelques milles de la Corogne, mon téléphone sonne alors que je suis en pleine manœuvre pour faire route vers la Bretagne. « Maurice, c’est DD… !! » Je savais que DD Jollé m’appelait pour une mauvaise nouvelle…. «  Alphonse ?? » « Oui, Alphonse nous a quittés » .
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Alphonse Le Gall, que j’ai toujours connu. Un fidèle de la famille depuis ma plus tendre enfance …Ami de mon père, tous les week-ends, mon père accroché au poste de radio pour savoir combien de buts Alphonse avait marqué ! Je me souviens, enfant, avec mon maillot vert frappé du trèfle lesnevien. Puis plus tard, retrouver Alphonse à nos entraînements au SCO d’Angers, il suivait de près les jeunes de l’équipe. C’était aussi Alphonse qui me ramenait en vacances chez le grand-père « au pays »… Lesneven- Kernoues c’était sur la route en venant d’Angers !

alphonse
Alphonse Le Gall fut un grand joueur avec un palmarès impressionnant pour le petit gars de Kernoues et de Saint-François ! Rennes, Marseille, Marseille, oui l’OM , Paris et le SCO d’Angers ! Champion de France, sélectionné dans l’équipe nationale…les spécialistes du ballon rond connaissent. Lui jouait au foot en pro… à cette époque les salaires permettaient d’acheter un magasin de sports en fin de carrière…on ne roulait pas en Porsche ou Ferrari, je me souviens faire la route Angers Lesneven en Panhard PL17… !

A la suite du Foot, une belle carrière de kiné à Angers, aujourd’hui c’est son fils qui est le médecin de l’équipe de France. Merci André Jollé de m’avoir appelé avant cette traversée vers la Bretagne, André toi qui as bien connu ses débuts de carrière, vous avez joué ensemble et partagé toutes les aventures communes depuis Saint-François en passant par une coupe scolaire à Lourdes ! Alphonse ne viendra plus à Plouguerneau manger les impressionnants plateaux de fruits de mer de la famille Jollé… Salut Alphonse et merci pour toute ton attention permanente pour les « frères » du pays.

http://www.ouest-france.fr/sport/football/angers-sco/angers-sco-alphonse-le-gall-est-decede-4225452

Trois à bord..et une meute autour !

17 Mai

La Corogne-Port La Forêt … une traversée parfaite sur le plan du bateau moins sur la météo, comme je le prévoyais calamiteuse…du vent dans le nez sur toute la route, pluie, brouillard froid… Deux jours et demi pour arriver en pays bigouden, il se dit que la rivière d’à côté fait que nous ne sommes plus en « bigoudinie » mais en Cornouailles… c’est le bon tarif, quoique ici, un léonard discute toujours le prix avec un bigouden, c’est ainsi depuis toujours nous les gens de la côte nord, nous en faisons un principe !
dauphins

Avec l’ami Payo qui m’accompagnait sur cette étape nous avons eu un festival de dauphins, des meutes à la charge avec l’écureuil au milieu, c’était splendide …des images bientôt en ligne…https://vimeo.com/167028268
dauphins golf
Et puis, pendant quelques dizaines de minutes nous avons été trois à bord ! Un magnifique oiseau à la tête bleue genre gros martinet noir, petite crête et joues bleues. Il est venu manger tranquillement du pain, sans être effrayé le moins du monde, après être entré dans le carré, puis venu sur le frigo où était posé le pain de l’ami Bernardo de la Corogne et à chaque becquée me commentant la qualité de la farine espagnole en me regardant . L’air de dire : « c’est pas mal ton pain mais il y a un petit manque de sel… » Moment magique où l’animal n’a aucune crainte de l’humain. Ensuite, après avoir fait un tour du bateau, sans réveiller Payo qui dormait à « poings » fermés, il s’est posé à l’extérieur sur un winch, continuant à me commenter son escale à bord de Gwinver2…un bavard … Deux tours du bateau en me faisant un vol de remerciement…et route plein sud …rien que pour des moments pareils on a envie d’être mouillé, et d’avoir froid. Au milieu du golf de Gascogne.

payo
Arrivée Port La Forêt… avec assurance « ponton Macif!!! »

Il faut choisir un jour…*

12 Mai

Capture
Prévisions pour le weekend
Pas facile de choisir sa route et son heure de départ ! Depuis plusieurs jours, à la Corogne, je regarde les fichiers météo réactualisés deux fois par jour.Il faut dire que l’on en perd un peu son latin isobarique ! Alors qu’habituellement les prévisions donnent une idée une semaine avant, en ce moment c’est un changement permanent. Impossible d’être très fiable, surtout avec des petits airs qui demandent encore plus de précision. Et cet anticyclone qui se positionne sur la route !
genaker à poste
envoi du genaker au ponton de la Coruña

Il faut y aller, les conditions ne vont guère évoluer les prochains jours. Mon choix est fait, ce sera demain à 15h après le passage du front orageux qui balaye la région. Ensuite ? Du vent pour le départ, à l’arrière de ce passage de front, puis rapidement le vent retourne au nord….dans le nez ! Mon système de routage me prévoit environ 130 virements de bord pour arriver du côté des Glénans. Va y avoir du sport ! Le genaker sera de sortie dans la deuxième partie du golf, j’ai préparé un nouveau système de palan pour faciliter son installation avec le bout dehors. Une technique toujours humide lorsqu’il faut aller à l’avant dans le clapot.
bout de dehors
le bout dehors et l’enrouleur de genaker
J’imaginais faire le golf de Gascogne génois tangoné…ce sera au près, comme toute ma remontée depuis le sud du Portugal…

Si tout va bien, malgré cette météo calamiteuse, Gwinver2 devrait pointer son étrave lundi matin au sud des Glénans puis, faire route sur Port la Forêt pour un contrôle technique chez Le Bihan, le voilier.

Pendant la traversée les positions seront consultables uniquement sur ce site ; http://www.winlink.org/userPositions en entrant le code de recherche ; f6ciu qui est l’indicatif radioamateur de Gwinver2 … Je le disais déjà dans un autre billet, « La mer est ta liberté, le vent ton maître ! »


*Et pour être complet j’emprunte mon titre à un chanteur inconnu des années 70 et retombé dans l’oubli…ce qui fait beaucoup pour un seul homme ! Serge Mazere « Il Faut Choisir Un Jour », on ne sait jamais ça peut servir au jeu des 1000 euros ! Inconnu et dans l’oubli, pas tout à fait puisque je me souviens de lui !

Coruña, sans modération..!

10 Mai

C’est en 1926 que fut créée la RCNC comprenez, le Real Club Náutico de La Coruña. Ce lieu sent bon la passion de la voile et des grandes régates, comme je l’avais ressenti aussi à Baiona il y a quelques jours . L’Espagne est un beau pays de voile, il est vrai que beaucoup de ses activités nautiques sont plus centrées sur la Méditerranée, mais il ne faut pas oublier le côté Atlantique. C’est tout le plaisir d’entrer dans ce magnifique club aux odeurs de vieux cuir, avec des serveurs tout droit sortis de Tintin, j’y ai même retrouvé « Nestor » ! Hergé avait dû passer par là. Tandis que les femmes bridgent dans un salon, les hommes préparent le règlement des prochaines régates.
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Nestor …Hergé es-tu là?

Le club est à l’image de la vieille ville qui l’entoure, tout est dans la nuance, calme et pittoresque. Des centaines de « bow-windows » de l’autre côté de la place font face à l’imposant bâtiment de briques rouges.Autant de lucarnes tournées vers l’aventure de ces navigateurs de tous poils qui relâchent, le temps de faire la pause, avant de poursuivre une route vers l’inconnu.
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Victoria, l’esprit de Magellan est là!

Route à l’image de la réplique de la Victoria qui est amarrée au ponton d’honneur. Historique que ce navire revenu seul, sans son chef d’expédition un certain Magellan. Ici on a la mémoire du passé et de ses grands découvreurs.Les enfants des écoles qui grimpent dans la mâture se voient déjà en train d’embouquer les étroits passages de la Patagonie. L’aventure est devant, le rêve prend forme en s’accrochant au nid de pie…Pour un temps Magellan fait oublier les jeux électroniques.
bwind
avec son « tra là là » …

C’est aussi le parfum qui monte des rues adjacentes, les larges pavés, les petites ruelles, les étroits passages entre deux maisons …Les mousquets et les sabres d’abordage ne sont pas loin. La Coruña m’a surpris, l’architecture de cette vieille ville, les petits commerces, le côté paisible de sa population…
paquebot
Les touristes sont là ! !
Cette ville vaut une escale, je comprends mieux les immenses paquebots qui lâchent au petit matin, qui 3500 passagers pour l’un , 3800 pour l’autre.  Eux ne connaîtront jamais le charme du Real Club Nautico…c’est l’avantage de nos petits bateaux….Le luxe, c’est aussi de voyager sur un voilier de 12 mètres… !
Site du club; http://www.rcncoruna.com/

Tribulations d’un patago voyageur..

8 Mai

second épisode….

Et puis c’est Baiona, la récompense, une marina de charme, de calme, si protégée qu’on en oublie la mer, ici on a envie de rester et d’aller se perdre dans l’arrière-pays. Certains diront d’un tarif élevé, mais le luxe, la tranquillité n’ont pas de prix. Pour les grincheux dotés de porte-monnaie en peau d’oursin qu’ils restent à l’autre marina avec ses algecos !
SAMSUNG CSC
La « lumière » du Cap Finistère
Passé le Cap Finistère où attendre le bon moment, un petit repérage m’a fait découvrir Muros, charmant avec un chef d’escale très serviable, j’avais prévu de m’y arrêter au cas où le cap se refuse, et puis ce fut Muxia, une autre petite marina une vingtaine de milles après le Finistère. Muxia ? Parfait pour un stop réparateur, larges catways tout confort, cette marina n’a pas encore l’usure des passages… Un accueil à la bonne franquette derrière des jetées solides qui montrent qu’ici, lorsque le vent et la mer ont rendez-vous mieux vaut se faire inviter ailleurs pour ne pas être de leur fête ! Un solide endroit pour laisser passer les furies du Cap Finistère.
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les quais de la Corogne la nuit

Et puis à La Coruña, la Marina Real, accueil efficace, un zodiac pour me guider jusqu’au ponton, prévu pour bien plus large que le Gwinver2 contrairement aux autres où il faut jouer des pare- battages pour éviter les voisins…. Et que dire du club, chargé d’histoires et de trophées accrochés sur les boiseries qui ont vu passer des générations de navigateurs.
club la nuit
Le club…la nuit

Un conseil allez en haut de l’escalier d’apparat jusqu’au magnifique restaurant, ici on dîne select mais à un tarif de Mc Do de l’avenue perpendiculaire ! L’avantage d’être l’hôte de la marina ! Dans cette marina Real, avec Gwinver2 nous attendons l’ouverture pour faire route au nord. C’est le cas de mes voisins de ponton, sans doute une semaine de patience pour trouver des vents plus favorables que ce flux de Nord qui ne permet pas de faire route direct…pour le moment. Gwinver2 n’a pas envie de tirer des bords à l’infini dans ce Golf de Gascogne qui nous attend. J’ai enfin envie d’envoyer le genaker et de tangonner le génois… Pour aller voir les amis de chez Le Bihan à Port La Forêt pour un petit check du gréement et de la garde-robe. Je sais que pas très loin, dans ce pays bigouden, se cache l’ami JF André, discret à son habitude, nous avons à passer un peu de temps ensemble pour « un retour d’expérience »  ! Jean-François je suis heureux de ton Patago 39, idéal pour continuer « le journal d’un Patago voyageur » !

fin du second épisode ..